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Reinhardt, Thomas (2019): Lévi-Strauss et les extraterrestres. Tropes temporels, tropes spatiaux et la construction de mondes possible en préhistoire et ethnologie. In: Georget, Jean-Louis; Grosos, Philippe; Kuba, Richard (eds.) : L’avant et l’ailleurs : préhistoriens, historiens, ethnologues et philosophes face aux œuvres préhistoriques. Université de Poitiers et Musée Sainte-Croix (Poitiers): Le Cerf. pp. 195-216
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Abstract

Ce projet s’inscrit dans le prolongement de l’ANR/DFG, obtenu sur la période 2015-2017, et qui a permis aux membres d’une équipe franco-allemande de travailler sur les liens entre préhistoire, histoire de l’art, ethnologie et archéologie dans les aires culturelles de l’Allemagne, de la France et du continent africain. Profitant de cette dynamique, ce colloque a pour objectif, d’une part, d’étudier les outils conceptuels forgés par les études préhistoriques et, d’autre part, de mieux comprendre ce qui se joue dans cette fascination de l’avant et de l’ailleurs que de façon récurrente elles ne cessent de mettre en avant. En effet si le temps de la préhistoire est, par définition, antérieur à celui de toute mémoire écrite, si la temporalité convoquée, rien que pour le continent européen, nous ramène à une époque comprise entre 10 000 et 40 000 ans BP, alors une des façons de l’étudier, dès le début du XXe siècle et jusqu’à nos jours, a pu être celui de l’ethnologie comparée. Or que ce soit lors de la première moitié du XXe siècle, en Allemagne avec les premières expéditions de Frobenius en Afrique ou en France avec l’invention de l’art paléolithique par Salomon Reinach, Émile Cartailhac ou l’Abbé Breuil, ou que ce soit aujourd’hui encore, dans ce début de XXIe siècle avec les thèses de Jean Clottes et de David Lewis-Williams levant l’interdit qu’André Leroi-Gourhan avait cru possible de prononcer, c’est bien ce modèle de l’ethnologie comparée qui ne cesse d’être récurrent. Son modèle épistémologique pourrait ainsi se ramener au schème suivant : voir ailleurs afin de comprendre ce qui a pu se passer avant. Voir ailleurs que dans nos sociétés mondialisées ce qu’un peuple représentatif de cultures traditionnelles peut nous enseigner sur ce qui se serait passé avant l’entrée dans le devenir historique : tel est en effet la préoccupation constante de l’ethnologie comparée à propos de l’art préhistorique. Il s’agira ici d’interroger la pertinence épistémologique de ce schéma herméneutique, en sollicitant l’apport de préhistoriens, d’historiens, d’ethnologues et de philosophes, qu’ils soient allemands ou français